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Dans les villages étudiés il n’y avait pas de registres antérieurs à 1670.
Le recensement de 1851, qui ne fait pas partie de l’état civil, est le seul recensement dans lequel figure la religion. Malheureusement en Picardie en général, et dans l’Aisne en particulier, les archives de ce recensement aux A.D. sont peu nombreuses.
Il est à noter qu’encore aujourd’hui la signification théologique du mariage protestant n’est pas la même que celle du mariage catholique. Il est donc logique que, malgré l’œcuménisme, il n’y ait pas reconnaissance par Rome de la « validité » du mariage protestant. En droit canon, un couple protestant est toujours un couple en concubinage, même si le langage courant est plus édulcoré.
Mise en place dans le cadre du traité de la Barrière (1713).
A Templeux-le-Guérard, en particulier.
Rapport du nombre réel d’ancêtres d’une génération, au nombre théorique d’ancêtres de cette génération.
Cadavre nu traîné sur une claie et jeté aux ordures, confiscation des biens et procès fait au cadavre (!), etc.

Comment identifier des protestants

•Introduction

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Le texte qui suit est le fruit d’une expérience tirée du dépouillement de nombreux registres paroissiaux catholiques. Cette expérience est limitée dans le temps (1670-1792)[1] et dans l’espace (Picardie et Cambrésis). Il ne faut pas perdre de vue que l’histoire des autres provinces françaises est différente et qu’elle a eu des répercussions évidentes sur la tenue et la conservation des registres.

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L’histoire familiale du XXe siècle nous permet de connaître, dans la plupart des cas, la religion des individus de nos familles. En remontant dans le temps, l’exercice est plus difficile. Depuis son avènement, en 1792, la République ne s’est guère souciée officiellement de la religion des individus[2] et l’état civil est muet en ce domaine. Avant 1792, le problème est complexe.

En remontant dans le temps on trouve quelques mentions spécifiques aux protestants pendant la petite période qui s'est écoulée entre fin 1787 (édit de Tolérance) et 1792.

Pendant les cent années qui se sont écoulées entre 1685 (Révocation de l'édit de Nantes) et 1787, la seule source disponible, ou presque, est constituée par les registres paroissiaux catholiques. C'est donc dans ces derniers qu'il s'agit de discerner les protestants. Car nombreux sont ceux qui sont restés en France, malgré une émigration massive, et beaucoup de nos contemporains cherchant leurs racines ont des chances de tomber à un moment ou un autre sur des ancêtres protestants. Bien que moins connue que les Cévennes dans la mémoire collective, la région picarde a été l'objet d'une présence protestante importante.

Pendant les cent années évoquées ci-dessus (le temps de trois générations), les prêtres ont été les seuls « officiers d’état civil » légaux. Or ils n’enregistraient pas des naissances, des unions et des décès, mais des baptêmes, des mariages et des sépultures, faits suivant les rites catholiques, le protestantisme étant, en principe, éradiqué du royaume. Comment dès lors retrouver, identifier ce qui n’était pas, ce qui ne pouvait pas être officiel pendant plus d’un siècle ? En fait, des protestants restés dans le royaume ont cherché, en assez grand nombre, à se soustraire plus ou moins à cette « catholicisation » forcée de leur vie. On en retrouve la trace dans les registres paroissiaux catholiques, à condition de lire attentivement. Il existe parfois des mentions explicites, mais le plus souvent il n’y a que des signes, des indices, rarement suffisants quand on les prend isolément, mais dont l’accumulation finit par forger une conviction.

Avant la Révocation de l’édit de Nantes, il y a eu des registres paroissiaux protestants pendant la période d’application de l’édit. Mais beaucoup de ces registres ont disparu.

•Les Prénoms

Le prénom peut constituer le premier indice visible quand on s'intéresse à une personne. La lecture assidue de la Bible, qui était de rigueur chez les huguenots, les a familiarisés avec des personnages dont ils ont voulu donner les prénoms à leurs enfants. Ainsi peut-on affirmer sans crainte, quand il ne s'agit pas de familles juives, que la quasi totalité des porteurs de prénoms bibliques : Abraham, Isaac, Jacob, Néhémie, Nathanaël, Osée, pour les garçons, de même que Esther, Judith, Ruth, Sarah, etc., pour les filles, sont des enfants protestants. Les parents qui ont choisi ces prénoms, étaient bien évidemment eux-mêmes protestants. Ceci ne veut pas dire que tous les enfants protestants avaient des prénoms bibliques, loin s'en faut, mais que l'usage des prénoms cités ci-dessus n'avait pas cours dans le monde catholique de l'époque, sauf exceptions rarissimes. Cette constatation n'est pas valable seulement en Picardie, elle est vérifiée aussi en Normandie, en Suisse francophone, etc. Cet usage a perduré chez les protestants jusqu'à la fin du XIXe siècle, mais après la Révolution ces prénoms bibliques se sont aussi répandus dans le reste de la société et sont donc devenus moins caractéristiques. Une liste de prénoms se trouve sur cette page.

•Les Baptèmes

Quand les parents sont mariés devant un prêtre, les enfants sont dits « légitimes », même si les parents sont peu assidus à la messe. Cette qualification n’empêche pas de s’intéresser aux prénoms, comme il est dit ci-dessus.

Les enfants d’un couple marié par un prêtre sont dits " légitimes ". Au même titre que les bâtards, les enfants de parents non mariés par un prêtre sont souvent dits " illégitimes ", mais parfois l’acte ne fait pas mention de légitimité ou d’illégitimité : « Aujourd’hui a été baptisé Jean, fils de Jean N. et de Madeleine… » ; Cette absence de précision, qui peut exceptionnellement résulter d’un oubli du prêtre, est d’une manière générale la marque d’une naissance protestante. Dans certains cas le prêtre précise : les parents sont dits non catholiques, hérétiques, adeptes de la secte de Calvin, membres de la religion prétendue réformée (R.P.R.), etc. Dans les autres cas, une lecture attentive des actes est nécessaire et il faut analyser la notion d’illégitimité. Parfois le prêtre omet sciemment de nommer le père, mais quand un premier enfant sans père est suivi d’un second illégitime avec père, puis d’une série d’autres avec toujours le même père, il s’agit bien à coup sûr d’une famille protestante.

Il est à noter que le 7 mars 1778, c’est-à-dire dix ans avant l’édit de Tolérance, est intervenu un jugement du tribunal de Saint-Quentin, jugement qui, sur requête d’un certain nombre de huguenots picards, a obligé les prêtres à supprimer cette mention d’illégitimité dans leurs registres. Quand on rencontre mention de ce jugement en marge d’un baptême, on est sûr d’avoir à faire à un enfant protestant ; parfois les actes sont réécrits, cette fois-ci en mentionnant le nom du père quand il avait été omis.

Le baptême, par un prêtre, des enfants protestants était un baptême forcé, puisque les parents n’avaient pas le choix du « baptisant ». Dans un petit nombre de cas, on a noté que la sage-femme (assermentée et donc forcément catholique) fait fonction de marraine et que le clerc laïc (scribe local appelé aussi clerc séculier) sert simultanément de parrain ; on peut penser qu’il s’agit de cas où la famille, pour manifester son rejet de ce baptême forcé, refusait d’apporter le nouveau-né à baptiser à l’église et refusait de participer à l’événement. La présence de ces parrain et marraine particuliers est un signe à ne pas négliger. Parfois aussi il est noté que le père est absent, ce qui a contrario montre qu’habituellement le père est présent. Cette absence du père est également un indice, mais moins significatif puisque les motifs d’absence peuvent être variés (maladie, déplacement, etc.).

Les choses se compliquent quand les prêtres refusaient de donner aux enfants les prénoms bibliques choisis par leurs parents. On peut trouve ainsi un enfant nommé Abraham par sa famille et identifié comme tel à son mariage, mais qui a été baptisé sous le nom de Pierre ! Il est alors nécessaire de trouver d’autres actes, pour arriver à comprendre que les deux individus n’en font qu’un. Ces cas sont assez nombreux.

Il arrive aussi, rarement, que le prêtre mentionne qu’il a refusé, en raison de leur protestantisme, les parrain et marraine choisis par les parents. C’est lui qui désigne les remplaçants. Il n’y a alors pas de doute sur la religion des parents et de l’enfant.

Autre signe à ne pas négliger, le délai qui s’écoule entre la naissance et le baptême. Le concile de Trente a prescrit de baptiser dans les trois jours suivant la naissance. Pour les enfants catholiques, les deux événements sont aussi proches que possibles, très souvent dans la même journée. Quand on trouve des délais supérieurs, qui peuvent atteindre jusqu’à huit jours, il s’agit toujours de familles protestantes qui traduisent ainsi leurs réticences.

•Les mariages[3]

Faute d’alternative, beaucoup de protestants se sont mariés devant le prêtre dans les années qui ont suivi la Révocation. Mais quand Nathanaël épouse Judith devant le prêtre, on peut parier que ce couple n’ira pas souvent à la messe ! Un acte de mariage devant le prêtre n’est donc pas en soi une preuve suffisante de bon catholicisme. Cependant il n’y a pas eu que des mariages devant le prêtre. Malgré les risques, il y a eu des pasteurs clandestins itinérants, qui ont béni des mariages.

De nombreux couples ont également profité de la proximité de la frontière pour faire bénir leur mariage à l’étranger. Quand un mariage est célébré à Tournai (Pays-Bas espagnols), devant un pasteur de la garnison hollandaise[4], il est évident que le jeune couple est constitué de deux protestants convaincus. En effet, ce voyage à l’étranger n’est pas sans risque : le franchissement de la frontière du royaume sans autorisation est punissable des galères pour les hommes et de la prison à vie pour les femmes. Le registre des Églises de la Barrière est donc une source complémentaire précieuse. On trouve parfois dans un registre catholique[5] la mention par laquelle le prêtre évoque le mariage à Tournai de deux de ses ouailles. Ces mentions sont d’autant plus précieuses que les registres de Tournai ont disparu pour la période comprise entre 1713 et 1749.

La mention de la naissance d’un enfant né d’illégitime mariage, ou né dans mais non de légitime mariage confirme qu’il y a eu mariage, encore une fois hors de l’Église officielle. La trace écrite dudit mariage protestant est la plus part du temps impossible à trouver. Les pasteurs itinérants risquaient la pendaison, ils ne portaient sans doute pas sur eux des registres compromettants. Ils délivraient des « certificats », lesquels ont eux-mêmes disparu au gré de la destruction des archives familiales.

A une époque où les écoles étaient peu fréquentées, les protestants apprenaient à lire à la maison pour les besoins du culte familial. On retrouve, sur les actes paroissiaux, bon nombre de signatures de femmes ou de jeunes filles protestantes, il semble que les femmes ou filles catholiques n’aient pas dans la même proportion su écrire et signer. Le fait que les filles sachent signer au début du XVIIIe siècle est un signe à ajouter aux autres.

Le désir d’échapper aux mariages "mixtes" explique le fort taux de mariages contractés entre un nombre restreint de familles (endogamie). L'implexe[6] est donc élevé pour beaucoup, sans toutefois dépasser 15%. La volonté de ne pas unir de trop proches cousins explique en partie le souci de tenir à jour une généalogie précise depuis des temps fort anciens. Ces documents sont pour ceux qui les possèdent des sources précieuses car, malgré leurs imprécisions, ils permettent de « sauter » par dessus les destructions de registres dues aux guerres ou autres événements.

•Les décès

Il n’est pas rare que l’on ne trouve pas trace du décès des adultes protestants. Ceci s’explique de plusieurs manières. Il y a des familles qui ont émigré et les décès ont eu lieu à l’étranger. Il y a lieu alors de chercher dans les archives des Églises des pays du Refuge.

Il y a les décès pour lesquels le prêtre a refusé d’inhumer, il n’y a donc pas eu d’acte dans les registres paroissiaux catholiques. Il arrive parfois que le prêtre note que l’intéressé a été enterré dans son jardin ou dans son champ, les « mécréants » n’ayant pas droit à être enterrés dans les cimetières en « terre sainte », mais il arrive aussi que le prêtre n’évoque simplement pas l’événement. La trace de celui-ci est alors à rechercher dans les archives de justice. Il y a, par exemple, aux Archives de l’Aisne un registre tenu par la justice de Saint-Quentin pour enregistrer les inhumations des protestants hors des cimetières, avec tout le formalisme et les frais entraînés par l’application de l’article 13 de la déclaration du roi du 9 avril 1736. Quand on trouve un tel registre, le problème de la religion est éclairci.

La plupart des actes de décès mentionnent que le défunt a été muni des sacrements de l’Église. Le rituel catholique de décès comporte trois sacrements : la pénitence après confession des péchés, le saint viatique (eucharistie) et l’extrême onction (onction d’huile sainte). Quand le prêtre note que l’un (ou plusieurs) de ces sacrements fait défaut, on peut commencer à se poser des questions sur la religion de l’intéressé. On trouve un certain nombre d’actes dans lesquels le prêtre note que le défunt est mort subitement, sans qu’il ait été prévenu, ou qu’il n’a pas pu recevoir le saint viatique parce qu’il était atteint de vomissements, etc., tous ces éléments, tous ces signes sont à peser en fonction du contexte : ils peuvent éclairer la mort d’un huguenot.

Il y a par contre des actes de décès plus explicites dans lesquels le prêtre affirme avoir fait tout son possible au cours de la maladie de l’intéressé pour le ramener dans le giron de la sainte Église apostolique et romaine, mais sans succès. On trouve aussi parfois la mention RSE (Refusant les Sacrements de l’Église).

Il y a enfin des actes d’inhumation douteux, dans lesquels il est noté que les sacrements ont été administrés à des individus dont on sait par ailleurs qu’ils étaient farouchement protestants (mariés à Tournai, par exemple). S’agit-il de complaisance du prêtre qui connaît bien ses paroissiens et ne veut pas de vagues dans sa paroisse (et pas d’ennuis avec son évêque) ou bien s’agit-il d’un compromis, accepté par la famille, pour que le défunt ait une sépulture comme tout le monde ? Difficile de répondre, toujours est-il que l’acte d’inhumation avec sacrements n’est pas suffisant pour affirmer que le défunt est vraiment catholique.

Le prêtre ne peut pas refuser d’enterrer les enfants de protestants, puisqu’ils sont réputés être catholiques par leur baptême forcé ! Pour le décès des très jeunes enfants catholiques, on constate que le plus souvent les témoins sont le père de l’enfant et son parrain. Quand le père est absent et que les témoins sont le clerc séculier et le fossoyeur, il y a de fortes présomptions qu’il s’agisse d’un refus de rites catholiques, il faut alors regarder attentivement les autres indices. Sur certains actes le prêtre a précisé « père présent », comme si ce fait était pour lui aussi étonnant, aussi anormal que pouvait l’être l’absence en d’autres cas. Il y a lieu de s’interroger sur cette mention.

On remarque aussi à cette époque dans un certain nombre de cas de décès d’enfants plus grands, que les témoins à l’inhumation sont le père et la mère. En Picardie, il s’agit toujours de familles protestantes. Dans la période considérée, les femmes protestantes semblent avoir pris plus d’initiative, avoir joui d’une plus grande liberté en ce domaine et avoir assisté à ces événements plus tôt que leurs consœurs catholiques.

•Les abjurations

Les abjurations, peu nombreuses, ont souvent lieu dans une paroisse voisine de celle du lieu de résidence. Elles attestent du protestantisme des individus jusqu’à une certaine date. L’abjuration peut être obtenue par divers moyens de pression, dont financiers, voire par des tracasseries infinies. Elle peut être aussi motivée par la volonté d’entrer dans une famille catholique, voire par le désir d’exercer certaines charges, comme celles de notaire ou d’huissier, ou d’exercer certains métiers contrôlés comme celui de chirurgien ou de sage-femme. Les protestants ayant abjuré sont parfois appelés « nouveaux convertis » dans les actes.

L’abjuration obtenue sous la contrainte, n’empêche pas le maintien du culte familial clandestin, elle est parfois suivie d’émigration. Malgré l’abjuration on assiste souvent à un refus de sacrements, à une réaffirmation de la foi des ancêtres au moment du décès. Les personnes relapses risquent des peines infamantes[7].

•Les professions

Quelques professions constituent des signes à ne pas négliger. Le métier de colporteur, de marchand ambulant est à regarder avec une attention particulière. Il s’agit là de métiers qui ont beaucoup servi à faire circuler les « livres interdits », en particulier la Bible.

Les marguilliers sont des membres du conseil de fabrique, connus et influents. Quand un curé note qu’un individu a demandé à être autorisé à payer une cloche pour être dispensé de cette fonction, on peut aussi y voir un signe.

•Les autres actes civils

Les prêtres surveillaient les mœurs, notaient les filles-mères, les bâtards, etc. Ces derniers ne pouvaient pas hériter. Or, en droit, les enfants de couples non mariés par le prêtre étaient des bâtards. Compte tenu d’une évolution de la justice, qui a peu à peu tranché plus en équité qu’en droit strict, les protestants ont beaucoup eu recours aux contrats de mariage et aux testaments. Ces documents notariés avaient un coût, mais ont permis une transmission du patrimoine. Les fonds notariaux sont donc à consulter en sus des registres paroissiaux. Ils donnent un éclairage complémentaire utile, malheureusement les fonds notariaux de l’Aisne sont très incomplets.

•Conclusion

Les protestants n’ont retrouvé officiellement une existence reconnue qu’avec l’édit de Tolérance, en 1787 ; encore faut-il remarquer que l’application de l’édit a donné lieu à des écrits rédigés de manière variable suivant les lieux : événements insérés dans les registres paroissiaux catholiques, mais dont les acteurs sont désignés comme « protestants » ou « non-catholiques », ou bien actes enregistrés par la justice dans les registres de bailliage.

Il est difficile, avec trois cents ans de recul, de peser la profondeur de la foi des uns et des autres. A force de fréquenter les actes, on se fait néanmoins une idée sur ceux qui étaient des militants et qui ont subi les dragonnades, la prison, la confiscation des biens ; ceux qui ont pris des risques pour eux, leur famille et leurs biens et qui ont tout quitté pour tenter l’aventure de la liberté de conscience dans l’émigration ; ceux qui sont restés, qui ont courbé l’échine sous la tempête, mais qui ont gardé et transmis leur foi à leurs descendants ; ceux qui pour quelques avantages matériels ont tourné le dos à leur famille, à la foi de leurs pères… Ils font tous partie de cette petite histoire de la Picardie.

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M'écrire : ©JP & Ch. RŒLLY 1999-2009