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Collection "Au bon laboureur" 232 pages - format 24 x 34 cm - (Épuisé au moment de la création de la page)) (réédité depuis décembre 2001) Tout ce que vous allez voir dans cette page provient du livre d'Annie Arnoult. Annie Arnoult
a eu la gentillesse de m'autoriser à reproduire ses textes et ses
Voilà la jaquette du tome 1
Détails du tableau peint par Hubert
Robert (1733-1808), exposé par l'artiste au salon de 177.
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| On
peut voir au palais ducal de Nancy un bas-relief gallo-romain représentant
des scieurs de long.
Les scieurs de long débitaient de longues pièces de bois dans le sens du fil, ils obtenaient des planches, plateaux, poutres, chevrons, voliges etc. Nous leur devons les étais des mines, les traverses de chemin de fer, les merrains des tonneaux, le bois des allumettes.... Ils intervenaient aussi bien
pour la construction d'un hangar ou d'une barque que pour celle d'un
château ou d'un très gros bateau.
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| en comparaison de
celui d'autres métiers. Ils montaient le support (sorte de
trépied) avec les matériaux trouvés sur place.
Aucun obstacle ne les arrêtait,
ils savaient pallier à toute complication. Pour se rendre dans les
endroits difficiles d'accès, ils se faisaient débroussailleurs
ou terrassiers.
Les moulins à scier le bois étaient actionnés par le vent ou l'eau surtout. Il n'y avait pratiquement qu'une seule façon de travailler, mais plusieurs modes de vie. Les sédentaires : ils travaillaient surtout à proximité de leur résidence. Les itinérants : ils allaient par deux dans un rayon de plusieurs dizaines de kilomètres. Les ambulants : parcouraient inlassablement la campagne, ils n'avaient pas de résidence fixe. |
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| Les immigrants :
chassés de leur pays pour des raisons économiques ou politiques.
Les migrants ou émigrants : venaient surtout du massif central. |
Scierie sur le Lignon à Sail-sous-Couzan |
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La carte ci-dessous montre
les endroits où on les retrouvait.
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Si tous ces hommes "allaient à la scie", c'était par nécessité et non par goût des voyages, plusieurs causes s'alliaient entre elles : Le Climat : les
hivers neigeux et sans fin, contraignaient ces montagnards à une
trop longue période d'inactivité. C'était avant tout
des paysans, ils vivaient ou survivaient de la culture, de l'élevage
et de l'exploitation forestière. Les scieurs de long
se recrutaient aussi bien parmi les petits propriétaires,
que parmi ceux qui n'avaient aucun bien. Aux laboureurs se joignaient de
modestes commerçants et artisans.
Les charges et les impôts seigneuriaux, religieux et royaux écrasaient les populations. De plus chaque scieur de long était cotisé et devait acquitter une taxe d'industrie, calculée en fonction du pécule rapporté, comme le confirmaient les rôle de taille tarifés. Les régimes successoraux
apportaient une charge supplémentaire, notamment
en cas d'héritier universel, contraint de dédommager ses
cohéritiers et de régler d'autres dépenses familiales.
Pour servir
en temps de guerre, tant que le recrutement de la milice se limitait à
un ou plusieurs hommes par paroisse il n'avait pas suscité
de situation particulière. Le problème s'est
corsé avec les levées obligatoires.
Les scieurs de long émigraient à l'automne. Avant le départ D'après la tradition, les départs avaient lieu à Notre-Dame de septembre, le 8 ou à la Saint-Michel le 29 septembre, et les retours à la Saint-Jean d'été le 24 juin. Dans la réalité rien d'aussi rigide, les départs s'échelonnaient de septembre à décembre et les retours d'avril à juillet. L'absence durait 8 à 9 mois. On appelait cette émigration temporaire : émigration d'hiver ou de morte-saison par opposition à l'émigration d'été. Exceptionnellement des scieurs de long du Limousin et de la Creuse ont pratiqué l'émigration d'été pour accompagner leurs compatriotes maçons ceux du bâtiment qui limousinaient. En général, ils rentraient au pays chaque été. Quelques uns sautaient deux ou trois ans à cause de l'éloignement ou parmi les jeunes mariés soucieux de rapporter un pécule plus important et d'éviter toute naissance, dès les premières années du mariage. Cet exode saisonnier rythmait et déséquilibrait la vie locale, sociale et économique, exemple : les baptêmes et naissances enregistrés entre avril et juillet. Autour de l'émigration, il y avait toute une organisation, elle était bien encadrée. Un chef d'équipe, le patron, recrutait la main-d'œuvre, lors des foires - d'ailleurs la coutume disait que, sur certaines foires, il y avait plus de patrons scieurs de long que de marchands de bestiaux - lors des fêtes patronales, dans les cabarets... tout simplement entre parents ou gens du même village. Le patron se chargeait de toutes les démarches. En plus de l'embauche, il cherchait le travail, traitait avec l'employeur, qui adjudicataire de coupe, qui marchand de bois, qui exploitant forestier, se chargeait des conditions de travail, des rémunérations. Il s'occupait des trajets, de
l'hébergement et de la nourriture. A la fin de la campagne, il répartissait
les gains...
Avant de se mettre en route, ils remplissaient des formalités d'ordre privé, administratif ou notarial. Ceux qui étaient pour se marier, le faisaient aux mois d'août, septembre ou octobre avant de partir, ainsi profitaient-ils de la présence des autres scieurs de long parents et amis. En 1772, le curé de Sauvain enregistrait onze mariages, chiffre particulièrement élevé dû à la période de forte démographie. Ils étaient répartis sur deux mois seulement soit neuf en septembre et deux en octobre. Sous l'Ancien Régime, ils nommaient ou élisaient les consuls. Voici un document reçu par le notaire VALEZY, le 14 septembre 1661 : contenant nomination des consuls de la parcelle de Sauvain pour l'année 1662, faite par le peuple assemblé à l'issue de la messe paroissiale, requérant les consuls sortant et en vertu d'une ordonnance des élus de Montbrison qui permet d'élire les consuls de l'année suivante, attendu que la plus grande partie des habitants sont sur le point de partir pour s'en aller à la scie. |
D'abord
auprès des prêtres, des échevins... puis des maires,
ou auprès de tout autre membre de
Pour les émigrants Creusois, avant de quitter le pays, la tradition exigeait autrefois qu'on fit l'emplette d'un très vaste chapeau insigne du métier.
Parfois, au début de leur mariage des jeunes femmes se sont jointes à la brigade des scieurs de long, elles se chargeaient de la préparation des repas, de l'entretien, donnaient quelques coups de main sur le chantier. Ils étaient fort occupés les derniers jours, il fallait que tout soit en ordre avant le départ. Ils étaient rassurés de voir le foin bien à l'abri dans la fenière, les récoltes engrangées, le bois fendu et rentré dans le bûcher, les gros travaux automnaux terminés : labourage et semailles, battage des céréales, derniers soins au bétail, dernières réparations et voilà..... sonnait l'heure du départ. Chaussés d'une bonne paire de sabots neufs de fabrication familiale, ou locale, habillés d'un pantalon de velours épais resserré à la cheville (peau du diable), et de la traditionnelle biaude ou blaude l'ample blouse bleu foncé recouvrant tricot de laine et chemise de chanvre, coiffé d'un grand chapeau ou d'un vaste béret pareil à la tarte des Chasseurs Alpins, les voilà sur le départ. Dans leur poche ils avaient fourré : papiers, bourse en peau contenant le viatique que venait de verser le patron, tabatière en corne, l'inséparable couteau et autres bricoles. A leur tenue vestimentaire, des plus modestes, et à leurs chansons, symbole de leur corporation, on repérait de loin les scieurs de long du Massif Central. Ils emportaient pour tout bagage un balluchon avec quelques vêtements de rechange, une paire de sabots d'avance, un peu de victuailles pour les premiers jours du trajet, et bien sûr les outils : haches, limes, chaînes, le passe-partout et la grande scie démontée, soigneusement emballée dans de vieilles pattes (Chiffons), outils qui sortaient des mains du forgeron local ou façonnés par eux-mêmes. La besace sur l'épaule, ils tenaient en main la poignée de la scie après laquelle l'outillage était judicieusement accroché. Un dernier adieu à la famille, un grand salut à la compagnie, voilà nos hommes partis pour une nouvelle campagne. En principe, les sobriquets dont restaient affublés les s scieurs de long se rapportaient aux lieux qu'ils avaient fréquentés :l'Espagnol... L'un d'entre eux de Saint-Bonnet-le-Courreau (42) était connu sous le surnom de Marmite depuis qu'il avait eu la charge de porter la marmite à cuire la soupe pendant les trajets. Par certaines situations, un
rapprochement pouvait être fait entre le départ des scieurs
de long et celui des militaires, dans les deux cas n'employait-on pas les
expressions partir en campagne et brigade.
Par sécurité et par commodité, c'était en groupe qu'ils quittaient leur ville ou leur village. Un bref bond en avant pour préciser qu'ils devaient être d'autant plus vigilants au retour qu'ils avaient empoché leurs gains. En 1707, quatre scieurs de long de la région d'Allanches (15) partaient pour le Languedoc, quand ils furent assaillis à Ventuéjol près de Chaudes-Aigues (15), cette rixe se termina par la mort de l'un d'entre eux, tué d'un coup de fusil. Devant tous ces déplacements,
nombre d'itinéraires étaient fixés par la tradition.
Ils savaient où ils allaient, retournaient souvent au même
endroit, le circuit leur devenait familier. Ils empruntaient les
grandes voies de communication et les chemins de halage. Les Auvergnats
et les Limousins descendant dans le Midi suivaient la Voie Regordane.
Une fois à bon port Les gars qui travaillaient en ville, se réunissaient pour louer un garni, une chambre à moindre frais, dans le quartier ouvrier ou cité ouvrière. A Paris, Lyon ou Marseille dans telle rue ou dans tel quartier étaient hébergés les compagnons regroupés par corporations. D'après les mariages enregistrés
à Paris, il est intéressant de constater la prédominance
des Limousins et des Marchois, et leurs préférences envers
les jeunes couturières corréziennes et creusoises, elles-mêmes
émigrées ou filles d'émigrés. Le 19e et le
17e arrondissements de la
En milieu rural, s'ils n'étaient pas logés par l'employeur, ils se débrouillaient pour trouver un bâtiment inoccupé, ou, cas le plus fréquent, en véritables hommes des bois se construisaient une baraque ou deux, sur le lieu même du futur chantier. Parfois ils récupéraient celle abandonnée par l'équipe des bûcherons qui les avait précédés.
La construction de cette loge était leur premier travail, il arrivait que ce jour soit chômé, ils fêtaient la nouvelle habitation. Elle abritait à la fois les hommes, les outils et les provisions. Elles étaient toutes aussi miséreuses les unes que les autres. Ils utilisaient les matériaux à leur disposition c'est à dire bois et terre. Il n'y avait pas de cabane type, l'allure générale de leur tanière avait quelque chose d'exotique. Elle était faite de fortes branches plantées en terre, inclinées vers le haut, de longs rondins empilés horizontalement, ou de planches fixées entre quatre madriers d'angle, recouverte de branches et de mottes de terre avec la partie terreuse face au ciel, ou de papier goudronné. L'essentiel était qu'elle soit bien étanche pour les prémunir des intempéries et des bêtes sauvages. La fumée s'échappait
par un simple trou pratiqué dans la toiture ou sur la façade.
Sans fenêtre, l'unique porte servait d'ouverture.
Si l'employeur ne leur fournissait pas un poêle, ils faisaient le feu à l'âtre. Après une journée de dur labeur, ils avaient grand besoin d'un peu de chaleur pour réchauffer leurs membres engourdis, sécher leurs vêtements... Certains hivers où le mercure était descendu dangereusement, à tour de rôle, ils veillaient toute la nuit pour entretenir le feu, sinon ils étaient bons pour manger du pain gelé. Tous ont en souvenir des hivers particulièrement froids, les obligeant à battre en retraite et à abandonner leur chantier. Des froids mémorables avaient eu raison de ces robustes ouvriers. Ils redoutaient moins la neige, qu'ils balayaient à l'aide de branchages. Autrefois, il y avait du monde dans les forêts. Les autres bûcherons, charbonniers, sabotiers... étaient logés à la même enseigne, y compris ceux qui étaient accompagnés de leur femme et de toute leur marmaille. Exemple d'acte : Le 17' dudy moi (mai 1685), j'ay baptisé François, fils légitime de François Troynon et de Françoise Chardon, né d'hier en une loge de la forêt au canton de Meré Parrein Martin Mauger (ou Bauper), mareine Renée Hardouin (Signé) Farion curé de Grez (53). Dans les fermes des environs, ils achetaient un cochon, qu'ils tuaient et salaient dans une barrique, des pommes de terre, des choux. D'ordinaire, les scieurs de long n'avaient pas la réputation de boire de l'eau. A quoi leur aurait servi le tonnelet qu'ils faisaient suivre sur le chantier et accrochaient sur quelque branche ? Par contre les émigrés n'osaient boire de ce breuvage que le dimanche et les jours de fête, la semaine ils se contentaient d'une bonne eau puisée dans une proche fontaine ou à la source, économie économie ! Pendant les campagnes normandes, ils ont découvert le cidre, et le calvados ! A l'extérieur, la soupe cuisait dans un gros chaudron en fonte, bien ventru, suspendu à des piquets en
La technique ne s'adressait pas uniquement aux Auvergnats, Foréziens et Limousins, mais à tous les scieurs de long, avec des particularités régionales. Aux bûcherons incombait
la tâche délicate et dangereuse d'abattre les arbres et aux
scieurs de long celle tout aussi dangereuse de les scier.
Pendant longtemps, les adjudications
des coupes ont eu lieu fin septembre, l'exploitation pouvait commencer
dans la foulée, dans le respect de la réglementation.
L'abattage se faisait entre octobre
et avril, c'est à dire pendant le repos de la végétation.
A l'opposé, la hache d'abattage bien en mains, il donnait de grands coups secs et précis, le fer de la cognée pénétrait plus profondément, les copeaux étoles ou taillons sautaient alentour ; l'arbre frissonnait, gémissait, craquait... le bûcheron reculait, attendait... l'arbre chutait dans un tragique fracas. A l'utilisation de la cognée, les bûcherons ont ajouté l'emploi du passe-partout Ils s'arrangeaient toujours pour couper le plus près possible de terre, cela avait un double avantage, le fût était plus long et la souche ne les entravait pas. Au sol, l'arbre était étêté, ébranché puis souvent écorcé. Les scieurs le tronçonnaient abattus, aux longueurs souhaitées. Rien n'était gaspillé, toute partie soigneusement recueillie et branches servaient pour la fabrication des sabots ou du charbon de bois, les autres, liées en fagots, approvisionnaient, tout un chacun en bois de chauffage et alimentaient les fours du boulanger, du verrier, du tuilier... jusqu'à l'écorce des jeunes chênes qui était rassemblée en bottes et acheminée vers les tanneries. Une équipe de scieurs de long ne comprenait pas moins de deux ouvriers. L'équipe type en comptait trois : le doleur (équarrisseur) (équarrir : en partant du bois rond, le rendre carré) ou bûcheur, place réservée au chefd'équipe. Celui-ci avait acquis son autorité par son habileté à aiguiser les lames d'outils, son esprit d'entreprise. Le doleur s'occupait des repas. Le chevrier était le scieur d'en haut. Dans une équipe de deux c'était le chef ou le singe qui occupait cette place, le renard était le scieur d'en bas. Le sciage progressant, le scieur du bas finissait assis au sol pour pouvoir tirer à lui la scie ; quant à celui du dessus il paraissait dans une position d'équilibre tout à fait inconfortable. Plusieurs équipes constituaient
une brigade, dans ce cas un doleur suffisait pour plusieurs paires de scieurs
de long. La durée d'une journée de travail était conditionnée
par celle du jour, les scieurs de long réputés pour leur
endurance s'échinaient durant 12 à 15 heures, pour une activité
peu rémunératrice. Toutefois ils rapportaient plus d'argent
en fin de campagne, qu'il s'en gagnait dans d'autres corps de métier
tels les raccommodeurs de parapluies, les rétameurs...
Migrations temporaires, voire définitives
S'ils savaient qu'ils revenaient au même endroit à l'automne prochain, ils laissaient leurs outils. Pécule en poche, et à nouveau baluchon sur l'épaule, ils faisaient le même chemin en sens inverse. S'ils changeaient d'employeur en cours de saison, ils essayaient de se rapprocher de leur domicile afin d'abréger le trajet du retour. Ceux qui étaient originaires du Plateau de Millevaches et plus précisément de la Haute Corrèze, où jadis, on se chauffait à la tourbe, il n'y avait pas de forêts, une traddition des scieurs était de ramener des jeunes plants de chênes qu'ils plantaient ensuite en bordure des chemins, dans les prés de fauches. Les Corréziens avaient la tradition de rapporter des plants de chênes. Quant aux Auvergnats du Livradois et notamment ceux de Valcivières (63) ils ramenaient de Normandie des greffons de pommiers ; ces hommes avaient eu le temps, durant leurs longs séjours, de connaître et d'apprécier les diverses variétés de pommes. Ainsi sur les flancs du Massif de Pierre-sur-Haute, voyait-on fleurir en mai-Juin, au beau milieu des prairies verdoyantes, de nombreux pommiers. Les belles et bonnes pommes étaient ramassées à l'automne et conservées toute la mauvaise saison dans les souillardes. Sans nouvelle depuis si
longtemps, la joie du retour était entachée d'une certaine
appréhension. Ils se posaient bien des questions : la famille
s'était-elle agrandie par la naissance d'un enfant,
Attention ! ils ne s'offraient pas trois mois de vacances dans leurs belles montagnes, ah ça non ! Ils rangeaient dans un coin passeport et outils, essayaient d'oublier la forêt d'Eawy ou le port de la Rochelle, et s'emparaient de la faux et autre faucille. Commençait alors la saison des foins... Ceux qui n'avaient rien se louaient comme vacher et passaient l'été sur la montagne, qui en jasserie, qui en buron, avant de repartir pour une nouvelle campagne sous la protection de Saint Simon leur Saint-Patron. Ce serait trop facile de faire porter toutes les accusations sur les scieries mécanisées et de les
Tous les anciens scieurs de long interrogés pour l'occasion ont en commun le souvenir d'avoir exercé un beau mais rude métier, un crèvecorps. Ils usent des qualificatifs de bagnards, de galériens ou de forçats pour le représenter. Un dicton confirmait qu'aucun scieur de long n'allait en enfer, ils l'avaient connu sur terre. Voici qu'aux côtés des scieurs de long, apparaissaient dans les coupes les scieries ambulantes, avec leur banc de scie à lame circulaire ou à lame sans fin, la scie à ruban, et la grosse chaudière à vapeur montée sur quatre roues, tirée par des chevaux ou des boeufs les déchets de bois nourrissaient le foyer de la locomobile. Progressivement, les roulotte remplacèrent les cabanes. Les décennies passant, aux chevaux vapeur, succédèrent les moteurs diesels puis électriques. L'exploitation forestière
allait se transformer et le forêts se vider de tout un peuple...
Adieu ! les scieries volantes elles n'auront pas vécu aussi longtemps que les scieurs de long. Les progrès en matière de transport ont favorisé le débardage des grumes, il devenait plus économique de déplacer les troncs vers les scieries. Nombre de scieries existant actuellement, ont été, à l'origine, créées par ou grand-père scieur de long entreprenant, qui s'était reconverti et avait suivi l'évolution dictée par les temps modernes. Comment réagiraient nos braves scieurs de long, s'ils savaient qu'en 1996 on scie une bille de 5 mètres de long par 0,35 m. de diamètre en 3 secondes, avec des vitesses d'avance de 120 voire 150 m./minute ? ...... Conclusion de l'auteur : La page n'est que provisoirement refermée. Nous continuons de rechercher : toute information, tout document, tout objet et outil.
Noël 2001 Sortie du tome 2 Voilà un avant goût !
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Andrée Parbelle